Catégorie: "L'idiophile en folie"

Démarche (pseudo) scientifique

par Le Grincheux  

Une personne mal intentionnée m'a mis sous les yeux le site suivant. Ne cliquez pas, ce n'est pas un lien, il vous faudra recopier l'adresse :

http://www.neodio.fr/fr/demarche-scientifique/

Ce que j'y lis fait hérisser le poil de l'électronicien traiteur de signal que je suis. Et pas depuis quatorze ans, depuis plus de vingt. Cette page est l'art de poser de bonnes questions et de répondre par un verbiage incompréhensible selon le vieux principe du si c'est compliqué et asséné avec quelques arguments d'autorité, c'est donc que c'est vrai.

J'adore surtout ce qui suit la remise en cause des solutions techniques habituelles. Je lis :

Cette approche m’a permis de franchir plusieurs étapes vers la véritable fidélité. Durant ces quatorze dernières années, ma recherche a été de comprendre la nature des phénomènes physiques qui impactaient réellement la qualité sonore. Méthodiquement, j’ai étudié et testé différents domaines techniques.

Cette recherche a abouti à des solutions exclusives comme :

  • Des systèmes de corrections d’erreur pour combattre les effets thermiques dans les amplificateurs
  • Une horloge sans quartz pour la conversion numérique analogique
  • Des solutions d’amortissement mécaniques des châssis et des câbles
  • Une barrette secteur avec un filtre agissant en dehors du domaine électrique.

Il n'y a pas à dire, c'est du grand art, c'est du lourd. Combattre les effets thermiques dans les amplificateurs par un système de correction d'erreur, cela ne veut rien dire puisqu'on n'amplifie jamais le signal encodé. Quant à mélanger numérique (codé) et analogique dans le même boîtier avec les mêmes alimentations, c'est pour le moins osé. Je passe sous silence l'horloge sans quartz et ses dérives (bizarrement, on ne parle pas de l'intérêt de la chose), de l'amortissement mécanique (sans doute des électrons) et d'un filtre secteur agissant en dehors du domaine électrique dont on peut bien se demander dans quel domaine il agit.

Quant à la suite de la page, j'avoue que les bras m'en tombent.

Pour se faire une idée de l'abyssale bêtise de l'idiophile, une petite vidéo. Attention, c'est du brutal.

Je crois qu'on quitte même le domaine de l'idiophilie pour tomber dans celui des croyances, de la religion et, surtout, de la sorcellerie.

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 6 : le fusible

par Le Grincheux  


Je viens de tomber sur quelque chose d'exceptionnel. Rien de moins que le fusible idiophile. Je ne peux que vous en faire profiter. Admirez ce magnifique composant :

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 6 : le fusible

Fig. 1 : fusibles idiophiles

Create Audio Fusible Audiophile Semi lent 3A 250V Plaqué Or/Rhodium 5x20mm x1 au prix imbattable de 12,90 € TTC (plus de 30 jours de délai).

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 6 : le fusible

Fig. 2 : polarisation du fusible

Fusible à fusion temporisée moyennement rapide de 5 x 20 mm
Pour utiliser dans les circuits présentant des pointes de courant brèves.

Caractéristiques:

  • Embout plaqué Or
  • Embout plaqué Rhodium
  • Boîtier en céramique
  • Tension de service : 250 V
  • Vendu à l'unité

Heureusement, pour ce prix-là, le coffret est offert.

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 6 : le fusible

Fig. 3 : coffret cadeau

Mon esprit chagrin note tout de même qu'il y a un sens pour le courant, ce qui est assez étrange pour un fusible fonctionnant en 250V alternatifs.

Étonnant, non ?

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 5

par Le Grincheux  

J'étais en train de fureter sur différents sites internet parlant d'amplificateurs pour voir comment les différents fabricants avaient résolu le problème de la précharge des condensateurs de filtrage lorsque mon œil a été attiré par un titre de discussion particulièrement intéressant puisqu'il s'agissait purement et simplement de construire une barrette secteur audiophile. Rien que ça.

Mon esprit tordu m'a poussé à aller voir cette réalisation sans nul doute intéressante. Pour ceux qui voudraient voir comme moi l'étendue du désastre, c'est par . Âmes sensibles s'abstenir.

Je fais donc ici un petit résumé pour ceux qui n'auraient pas le courage de lire toutes l'enfilade en question ou qui auraient abandonné devant tant d'inepties. Donc voici ce que prétend l'inventeur de la barrette secteur idiophile pardon audiophile :

Je vais vous faire un petit compte rendu de mes écoutes d'hier.

Je précise tout d'abord que bien qu'étant conscient que la conception de la barrette était la meilleure possible pour l'alimentation de chacun de mes matériels, je restais plutôt réservé quant à son amélioration sur la musique, d'autant que mon matériel est plutôt basique.

Branchements : rien n'explose, pas de courts circuits, c'est déjà ça, le câblage est bon !

J'allume l'ampli et le lecteur CD et je lance un CD : "Hoover" d'Hooverphonic. Ce CD est pour moi une référence lors d'écoutes comparatives car je le connais à fond. Le CD était déjà dans le lecteur la veille, et le volume de l'ampli n'avait pas bougé.

1eres impressions (2 heures d'écoutes variées) :

  • le volume est trop élevé, il faut que je le baisse de 4 points, ça se confirmera pour tous les autres CD ;
  • j'écoute et je reste sur le c*l !

L'ampli a accru sa dynamique comme jamais, j'ai l'impression d'en avoir un nouveau ! C'est un peu comme si on remplaçait le super par du nitro dans une voiture.

Le lecteur n'est pas en reste, le spectre sonore est bien mieux reproduit, les graves sont profonds, les médiums très justes et relevés, les aigus bien plus nets : j'ai l'impression d'avoir rajouté un super tweeter à mes enceintes. J'ai l'impression qu'à tout moment le son va déborder mais tout reste bien tenu, à la limite des capacités des enceintes, mais avec un plaisir d'écoute jusqu'ici inégalé sur mon système. Les effets stéréo sont enveloppants, chaque élément est à sa place, l'image est élargie, les silences sont parfaits, on retient son souffle. Plein de micro-détails apparaissent qu'on ne percevait pas avant.

Bref, je suis totalement bluffé par l'apport de cette barrette sur la musique. Je pense que mon système s'en trouve amélioré de 15 à 20 %. C'est beaucoup, mais j'essaie d'être objectif malgré le fait que j'en sois le concepteur. On pourrait me dire que vu le temps et l'argent dépensés, l'effet placebo est là, mais non, au départ je n'en attendait pas autant, et mes écoutes en ont donné plus !

La barrette Supra que j'avais avant ça me fait maintenant l'impression d'un tube creux qui laissait passer le courant sans rien apporter. Ma barrette DIY me fait penser à un booster de courant.

J'ai un peu de mal à croire qu'une simple multiprise bricolée pouvait aboutir à une quelconque amélioration de son système jusqu'à ce que je tombe de ma chaise et à un tournant du fil (tiens, un zeugme) sur l'explication pseudo-scientifique suivante. Accrochez-vous bien, elle est sévère :

C'est dû à l'introduction des fréquences dans la propagation électrique. Plus il y a d'harmoniques — porteuse du signal qui sera décodée en données lorsque tu surfes —, plus il faut d'électrons pour former ces harmoniques. La matière étant limitée en nombre d'électrons, ces derniers s'accumulent au niveau du CPL, laissant ainsi les autres appareils dépourvus, jusqu'à obtenir des micro coupures visibles. Lorsque le CPL est en bout de chaîne, il n'y a plus aucun appareil attirant l'électron après le CPL (coupure), lorsqu'il est en début de chaîne, beaucoup plus d'électrons passent grâce à la force d'attraction induite par la manque de courant dans les autres appareils (pas coupure). Voilà.

Oui, c'est du lourd. Il faudrait tout de même que ces bricoleurs fassent attention. S'ils laissent trop d'électrons s'accumuler et que l'isolant du câble fuit un peu, cela risque de faire une grosse flaque par terre. C'est dangereux, quelqu'un pourrait glisser dessus. En plus, au bout de quelques jours ils commencent à se décomposer et là c'est franchement nauséabond.

Par ailleurs, il y a un problème. Un courant de 1 mA, c'est 6,242.1015 électrons par secondes. Avec un tel débit, il n'y en aura bientôt plus !

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 4

par Le Grincheux  

Le coton-tige haut de gamme moderne est en fibres de carbone spécifications aviation (légèreté et solidité). Les cotons sont en pure laine vierge traitée multi-fibres qui associent de la laine Pashmelba pour la finesse du son et de la laine Shetlouf pour l'efficacité du nettoyage. La méthode d'enroulement choisie pour l'association des diverses laines dont chaque fibre calibrée n'excède pas l'épaisseur d'un cheveu, est celle qui prévaut dans les transformateurs toriques.

La difficulté de fabrication réside dans le collage subtil de la tige en carbone avec la boulette de laine. Ce collage est effectué à chaud, 55 °C, température supérieure à la température du corps pour ne pas risquer un décollement lors de l'utilisation. La colle utilisée est naturelle (poisson) d'où une légère odeur fétide mais sans danger pour les oreilles ni pour l'écoute ou pour les fusibles de l'amplificateur. Les boulettes de laine sont appairées pour garantir un nettoyage rigoureusement symétrique des oreilles de l'audiogogophile. Chaque unité de deux est testée en usine par un Coréen aux oreilles propres, le Coréen ayant une sensibilité très prononcée du conduit auditif. Le carbone, par sa légèreté et sa flexibilité permet un nettoyage sans risque mais très fin des oreilles.

Le prix est certes élevé, mais la différence de gain d'écoute entre un meilleur câble et un meilleur coton-tige est tellement en faveur de ce dernier que cela balaie toute hésitation.

À l'écoute, les basses sont plus nettes et les aiguës les plus élevées deviennent audibles sans aucune agressivité. Au contraire, elles retrouvent un soyeux que l'on avait oublié depuis l’abandon du cornet de téléphone. Les voix sont plus pures, le grain apparaît mieux alors que les applaudissements et toux cacochymes des salles de concert redeviennent d'un naturel saisissant. Tout dans ces cotons-tiges est au service de la musique. Nulle dureté du son, rien de forcé, tout redevient naturel. Bonne écoute.

Infos pratiques :
Livrés en boîtes de 2x12 sous vide et emballés individuellement.
À conserver au frigo à 6 °C et n'enlever du frigo qu'une demi-journée avant utilisation.
Respecter une période de rodage.
En changer avant chaque nouvelle écoute de CD.
Prix : 150 € par boîte pour le modèle premium et 1200 € pour la version Gold.
À consommer dans les limites des dates de péremption.

Ne pas utiliser pour écouter de la musique techno, metal ou rock.

Ça vous semble loufoque ?  Eh bien allez donc lire les tests du magazine Diapason sur la Hi-Fi et ses accessoires et dites-moi ce que vous en pensez…

(source)

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 3

par Le Grincheux  

Je viens de tomber sur des câbles amusants. Regardez bien de vos yeux ébahis :

Fig. 1 : câbles idiophiles

Nous avons donc un câble optique. C'est un fait. Mais ce câble est optimisé pour certains formats de transmission. Là, mon esprit de traiteur du signal chafouin lève un sourcil soupçonneux. Un medium de transmission est un un medium de transmission. N'importe quel support sera suffisant si sa bande passante est assez grande. En plus, ici, les signaux sont des signaux optiques donc numériques.

Le sublime est atteint par l'indication de connecteurs plaqués or à 24 ct.

Ami idiophile, toi qui ne me liras certainement jamais, tu devrais te moquer du connecteur plaqué or. Ton signal est ici optique et il vaudrait bien mieux avoir une fibre optique monomode, bien centrée et une section de la fibre parfaite. Mais rien n'est indiqué quant à ces paramètres pourtant largement plus importants que le placage du connecteur. Quoi qu'il en soit, tu pourras trouver ce genre de câble à vil prix sur Amazon :

Fig. 2 : la même chose en grand

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