Catégorie: "Bêtisier"

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 5

par Le Grincheux  

J'étais en train de fureter sur différents sites internet parlant d'amplificateurs pour voir comment les différents fabricants avaient résolu le problème de la précharge des condensateurs de filtrage lorsque mon œil a été attiré par un titre de discussion particulièrement intéressant puisqu'il s'agissait purement et simplement de construire une barrette secteur audiophile. Rien que ça.

Mon esprit tordu m'a poussé à aller voir cette réalisation sans nul doute intéressante. Pour ceux qui voudraient voir comme moi l'étendue du désastre, c'est par . Âmes sensibles s'abstenir.

Je fais donc ici un petit résumé pour ceux qui n'auraient pas le courage de lire toutes l'enfilade en question ou qui auraient abandonné devant tant d'inepties. Donc voici ce que prétend l'inventeur de la barrette secteur idiophile pardon audiophile :

Je vais vous faire un petit compte rendu de mes écoutes d'hier.

Je précise tout d'abord que bien qu'étant conscient que la conception de la barrette était la meilleure possible pour l'alimentation de chacun de mes matériels, je restais plutôt réservé quant à son amélioration sur la musique, d'autant que mon matériel est plutôt basique.

Branchements : rien n'explose, pas de courts circuits, c'est déjà ça, le câblage est bon !

J'allume l'ampli et le lecteur CD et je lance un CD : "Hoover" d'Hooverphonic. Ce CD est pour moi une référence lors d'écoutes comparatives car je le connais à fond. Le CD était déjà dans le lecteur la veille, et le volume de l'ampli n'avait pas bougé.

1eres impressions (2 heures d'écoutes variées) :

  • le volume est trop élevé, il faut que je le baisse de 4 points, ça se confirmera pour tous les autres CD ;
  • j'écoute et je reste sur le c*l !

L'ampli a accru sa dynamique comme jamais, j'ai l'impression d'en avoir un nouveau ! C'est un peu comme si on remplaçait le super par du nitro dans une voiture.

Le lecteur n'est pas en reste, le spectre sonore est bien mieux reproduit, les graves sont profonds, les médiums très justes et relevés, les aigus bien plus nets : j'ai l'impression d'avoir rajouté un super tweeter à mes enceintes. J'ai l'impression qu'à tout moment le son va déborder mais tout reste bien tenu, à la limite des capacités des enceintes, mais avec un plaisir d'écoute jusqu'ici inégalé sur mon système. Les effets stéréo sont enveloppants, chaque élément est à sa place, l'image est élargie, les silences sont parfaits, on retient son souffle. Plein de micro-détails apparaissent qu'on ne percevait pas avant.

Bref, je suis totalement bluffé par l'apport de cette barrette sur la musique. Je pense que mon système s'en trouve amélioré de 15 à 20 %. C'est beaucoup, mais j'essaie d'être objectif malgré le fait que j'en sois le concepteur. On pourrait me dire que vu le temps et l'argent dépensés, l'effet placebo est là, mais non, au départ je n'en attendait pas autant, et mes écoutes en ont donné plus !

La barrette Supra que j'avais avant ça me fait maintenant l'impression d'un tube creux qui laissait passer le courant sans rien apporter. Ma barrette DIY me fait penser à un booster de courant.

J'ai un peu de mal à croire qu'une simple multiprise bricolée pouvait aboutir à une quelconque amélioration de son système jusqu'à ce que je tombe de ma chaise et à un tournant du fil (tiens, un zeugme) sur l'explication pseudo-scientifique suivante. Accrochez-vous bien, elle est sévère :

C'est dû à l'introduction des fréquences dans la propagation électrique. Plus il y a d'harmoniques — porteuse du signal qui sera décodée en données lorsque tu surfes —, plus il faut d'électrons pour former ces harmoniques. La matière étant limitée en nombre d'électrons, ces derniers s'accumulent au niveau du CPL, laissant ainsi les autres appareils dépourvus, jusqu'à obtenir des micro coupures visibles. Lorsque le CPL est en bout de chaîne, il n'y a plus aucun appareil attirant l'électron après le CPL (coupure), lorsqu'il est en début de chaîne, beaucoup plus d'électrons passent grâce à la force d'attraction induite par la manque de courant dans les autres appareils (pas coupure). Voilà.

Oui, c'est du lourd. Il faudrait tout de même que ces bricoleurs fassent attention. S'ils laissent trop d'électrons s'accumuler et que l'isolant du câble fuit un peu, cela risque de faire une grosse flaque par terre. C'est dangereux, quelqu'un pourrait glisser dessus. En plus, au bout de quelques jours ils commencent à se décomposer et là c'est franchement nauséabond.

Par ailleurs, il y a un problème. Un courant de 1 mA, c'est 6,242.1015 électrons par secondes. Avec un tel débit, il n'y en aura bientôt plus !

Simplification des quines

par Le Grincheux  

N'ayant pas encore d'hypercube à ma disposition pour écrire des tableaux de Karnaugh à plus de six variables, il convient d'utiliser les techniques de réduction de Mc Cluskey. Je vous fais grâce des calculs. Pour des raisons de simplicité d'écriture, les apostrophes notent une condition inversée. En voici les résultats :

J2=Q1'Q0'I'PHT+Q1'Q0'I'PBT+Q0IPBT'C15+Q1IPBT'+Q1Q0PBT'+Q1Q0C15

K2=Q0I'PBTPHT'C255+Q1Q0I'

J1=Q2'Q0'I'PHT+Q2'Q0'I'PBT+Q2'Q0IC15+Q2Q0'IPBT'+Q2Q0'IPHT'
        +Q2Q0I'PBT'+Q2Q0I'PHT

K1=Q2'Q0'I'+Q2'Q0PBTPHTC15+Q2Q0I'

J0=Q2'Q1'I+IPBT'+Q2Q1'I'+Q2Q1I+Q1'IPHT'+Q2'IC255

K0=Q2'Q1'I'+Q2'PBTPHTC15+Q2Q1'I+Q2Q1I'+Q1'I'PBT'+Q1'I'C255
        +Q1'I'PHT+Q2'Q1'PBTC15

Comme la vitesse n'est pas critique, il est possible de factoriser quelque peu certaines expressions.

J2=Q1'Q0'I'(PHT+PBT)+PBT'I(Q0C15+Q1)+Q1Q0(PBT'+C15)

K2=Q0I'(PBTPHT'C255+Q1)

J1=Q2'Q0'I'(PBT+PHT)+Q2Q0'I(PBT'+PHT')+Q2Q0I'(PHT+PBT')+Q2'Q0IC15

J0=Q1'(Q2'I+Q2I')+(IPBT')+Q2Q1I+Q1'IPHT'+Q2'IC255

K0=Q2'Q1'(I'+PBTC15)+Q2'PBTPHTC15+Q1'I'(PBT'+C255+PHT)+Q2(Q1'I+Q1I')

J'ai refait deux fois tous les calculs, je pense ne pas m'être trompé. Or une simulation du circuit ne fonctionne pas comme attendue. S'il commande aux différentes tensions jusqu'à l'allumage complet, basse et haute tensions, il indique une erreur lors de l'extinction. J'ai eu un peu de mal à comprendre mon erreur puisqu'elle ne résidait pas dans la réduction des quines mais dans une hypothèse hasardeuse. Bêtement, j'avais considéré que les basse et haute tensions avaient un temps de descente nul !

Il est donc nécessaire de rajouter une temporisation lors de l'extinction des différentes tensions avant de tester les absences de ces tensions.

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 2

par Le Grincheux  

Dans la série consistant à étudier la pratique du placebo dans un certain milieu, voici la suite de mes pérégrinations dans le monde hostile des fous furieux et prétendument audiophiles — ce sont eux qui le disent — qui hantent les nombreux forums internet et qui n'ont pas tout compris. Les fous furieux, pas les forums.

Fig. 1 : stabilisation

Je suppose que tout est bien stable. Mais alors, pour faire la poussière dans les alvéoles des briques, cela ne doit pas être simple. Quant aux enceintes, elles sont elles aussi posées sur un support bien stable, support d'ailleurs isolé de l'enceinte par un morceau qui ressemble à s'y méprendre à un bout de mélaminé dont la section m'incite à penser que sa fréquence de résonnance n'a pas été étudiée avec attention. Personnellement, j'aurais plutôt opté pour une gueuse de fonte ou une compression de César, une question de formation, sans doute.

Fig. 2 : pied à la Philippe Starck

Il est dommage de ne pas avoir de photographies de l'installation électrique. J'aurais souhaité savoir si la personne en question avait bourré ses prises murales à l'aide de béton vibré pour éviter que les câbles électriques ne bougent.

De la pratique du placebo chez l'idiophile, saison 1

par Le Grincheux  

Je viens de tomber sur le texte suivant. Âmes sensibles et physiciens s'abstenir de lire car c'est du très lourd, je ne voudrais pas être responsable d'années de thérapies.

Je cite donc avec des pincettes et en corrigeant les fautes d'orthographe  :

Les fréquences aiguës se déplacent plus vite, plus librement, quand la résistance est la plus faible, c'est-à-dire à l'extérieur du câble. Mais le brin qui se situe à l'extérieur va bouger sans cesse entre l'intérieur et l'extérieur. Donc les fréquences aiguës vont sauter en permanence d'un brin à l'autre pour rester toujours à l'extérieur. Sinon, elles sont ralenties par rapport aux fréquences graves, et on constate un décalage, qui donne une impression audible de perte de précision et de flou. Pour pouvoir sauter ainsi d'un brin à l'autre en douceur, sans perte, il faut que rien ne vienne gêner ce transfert et donc surtout pas d'oxydation. Autre facteur, les cristaux. Un câble en cuivre est composé de cristaux (1500 par 30cm pour un cuivre très pur) que le courant traverse. Chaque passage d'un cristal à l'autre génère une distorsion qui sera d'autant plus importante que le câble aura été fondu en présence d'oxygène qui favorise la formation de dioxydes. Donc les câbles sérieux sont traités anti-oxydation, tout simplement (ouf !)

Sans commentaire. Mais si un vendeur peut fournir un tel câble à plusieurs milliers d'euros le mètre, je comprends qu'il ne s'en prive pas.